De nouvelles lumières éclairent un des plus grands bidonvilles de buenos aires

La villa oculta est devenue la ville lumière. Les mères de la place de mai ont récemment rebaptisé ce bidonville, qui compte environ environ 2000 habitants et qui s’étend sur plusieurs cuadras le long de l’avenue Eva Peron.  Mais encore aujourdhui les jeunes montent la garde à l’entrée du barrio comme s’il se sentaient menacés par l’exterieur.

 

Le projet de las madres « suenos compartidos », consiste à construire des logements décents pour les habitants en difficulté du bidonville. Des rêves qui se concrétisent avec la livraison dans le bidonville de 24 nouvelles maisons « complètement equipées, salon, cuisine, salle de bains, toilettes, et trois chambres avec eau, gaz, electricité » est fière de rajouter la madre Juanita, agée de 94 ans. Le programme de constuction des maisons a commencé suite à l’incendie qui a ravagé en 2006 une grande partie du bidonville, les victimes du feu ont étés les premières relogées, l’attribution des logements se fait ensuite selon les critères sociaux. Au total 72 logements anti-sismiques et insonorisés ont été construits, en plein coeur du bidonville mal famé ou des centaines de familles survivent dans des conditions extrêmement précaires, parfois sans eau, sans lumiere. Beaucoup viennent de la province et sont venues chercher une vie meilleure à Buenos aires. Mais après plusieurs années de désillusion le mot meilleur commence à prendre son sens grâce aux madres, association des droits de l’homme qui s’implique aujourd’hui dans des projets sociaux avec le soutien du gouvernement. Pour l’inauguration des maisons ils sont venus remercier las madres. Beaucoup de têtes discretes d’ enfants et d’adultes, dépassaient des balcons en béton de l’élephant blanc, bâtiment délabré de 14 étages.

 

Le projet outre d’offrir une maison digne à chaque famille est de donner un travail aux habitants. Ainsi des centaines d’ hommes et de femmes ont étés employés pour constuire les maisons, avec l’aide d’ ingénieurs et d’ architectes. Maria, ouvrière qui a participé à la construction, est la voix du quartier, aujourd’hui elle aussi a une maison, les larmes coulent sur ses joues à mesure qu’elle raconte : «Merci d’avoir donné de votre temps, merci parce qu’on n’avait rien et maintenant on a un toit un travail, on a la dignité et la force pour avancer, merci car le visage heureux de mes fils quand ils vont à l’école n’a pas de prix. » Beaucoup d’anciens drogués, d’alcooliques, de personnes qui travaillaient au noir ont retrouvé une activité régulière et rémunérée.  Et même plus :  « On leurs a apporté des vêtements, on a ouvert deux comedors, un pour les enfants, un autre pour les adultes. » explique Juanita. La vie des enfants de la rue, désormais, n’est plus la même. Garderie, salle de jeux, las madres ont semé de l’espoir sur la terre de ces centaines d’oubliés. Mais en échange, il y a des règles strictes sur les chantiers : « Ils se levent à 6 heures du matin et  ne savent pas à quelle heure ils vont se coucher, ils n’ont pas de samedi pas de dimanche.» explique Hebe de Bonafini, la présidente de las madres.

 

 Il reste du chemin avant d’atteindre l’objectif final qui est de donner une maison digne à chaque habitant. Las madres prévoient également de construire une école,  un hopital et un théâtre dans les murs de l’éléphant blanc. Le projet ne s’arrête pas aux portes de la ciudad luz, il a connu tant de succès qu’il à été étendu à plusieurs bidonvilles de la capitale.

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